When profit rules… | Quand le profit règne… – By Isseu Diouf
Katie Curran interviewing a farmer
Afrikanspot met with Katie Curran during the African Diaspora Summer Film Series where she screened her documentary titled “Greening the Revolution.” The documentary investigates today’s globalized, profit-centered food system that leaves farmers hopeless and the consumer in danger. She took the time to talk to us about the documentary and how consumers can be more in control over what they eat.
It’s scary to see how corporations are trying so hard to control the food system globally with their seeds and by pretending to help farmers.
We need to understand that it is based on profit; it’s not about food, it’s about profit. Whenever you are attempting to make a profit off anything that meets a human need like food, you are not going to make it in the best way that meets the needs of humanity. You are trying to make as much profit as you can for the companies or corporations or governments that benefit from it. Along the way, farmers and consumers are the ones who suffer the most from it.
You’ve shown different countries such as Zambia, Kenya, Haiti or Colombia where we start seeing the consequences of the system that the big corporations are trying to implement. Some are resisting but it’s not easy!
You have the military or the state police after you when you try to resist. The point that I wanted to make in the film was when farmers in Paraguay for example are resisting being forced off their land militarily or economically to the point where they can’t financially survive, when they stand there and refuse to move, the military or state police, often tied to those corporations that want to use their land, kill them.
We have another example: during the food riots in Haiti, people were killed for protesting because they needed the rice to be at an affordable price. No, the resistance is not easy and you are literally against life and death.
You also showed earlier how some farmers in Africa were refusing to take the seeds coming from big corporations and sticking to their old ways but when you look at it, they come with those seeds as the miracle solution that will solve all their problems, but once you start using them, you can’t find your way out.
Some people call them terminator seeds because they are only good for one season. In fact, I just heard that Haiti was given a bunch of GMO terminator seeds after the earthquake and they burned them because they said: “what are we going to do with these? They are only good for one year when normal regular seeds can be used year after year?”
You have also to understand how communities around the world are targeted. These are illiterate communities, extremely kind and believing in what other people are saying: it’s for the better. If a business comes in and says that these seeds will give you a bigger yield, they will say: “Yes ok” without thinking they are not trying to sell me seeds; they are trying to get my money.
Beside all the challenges, you were at the end of the documentary pretty optimistic. How can we get involved here?
You can resist in the US at many different levels, it depends on what is going on in your community and what your talent, and time, allow you to do. Because food is tied to everything, it’s difficult to say ‘just buy organic food, or just buy from worker cooperatives, which is, I think a great thing to do but I don’t think that everybody is able to do that. We have to find ways to make healthy food more available to everyone. I will look into examples like the people’s grocery. They grow boxes that are healthy organic foods. For low income people in West Oakland, they are $12, and for higher income people, they are $24.
Something like that is a great example but in general organizing, joining Unions can be a good way to get involved. In Arizona, we have been organizing with immigrants and it’s all related to food because some of the undocumented people are there because they are displaced farmers. Overall I think that the grassroots organizing is the most powerful tool.
Speaking of money, you were saying earlier that the documentary cost you a lot!
I’m in debt but I’m somewhat privileged. It was worth it and I don’t regret it.
Afrikanspot a rencontré Katie Curran pendant le Summer Film Series sur la Diaspora Africaine durant laquelle a été projeté son documentaire intitulé « Greening the Revolution » (la Révolution Verte). Le documentaire examine la mondialisation et le système alimentaire contemporain centré sur les bénéfices, qui font perdre tout espoir aux agriculteurs et mettent le consommateur en danger. Elle a pris le temps de nous parler de son documentaire et de comment les consommateurs peuvent exercer un plus grand contrôle sur leur nourriture.
C’est effrayant de voir comment les grandes multinationales font tout pour contrôler le système alimentaire à l’échelle mondiale avec leurs semences et leur prétendue aide aux agriculteurs.
Nous devons comprendre que ce système est basé sur la notion de profit, pas sur la nourriture. Quand vous essayez de gagner de l‘argent à partir de ce qui constitue un besoin vital de l’être humain comme l’alimentation, ce bénéfice ne sera pas atteint par le biais de moyens qui respectent l’humanité, vous essayez de gagner le plus d’argent possible pour les sociétés, grandes multinationales ou gouvernements qui en bénéficient. Dans le processus, les agriculteurs et consommateurs sont ceux qui en souffrent.
Vous avez montré l’exemple de différents pays, la Zambie, le Kenya, Haïti ou la Colombie où nous commençons à voir les conséquences du système en cours d’implémentation par les grandes multinationales. Certains résistent, mais ce n’est pas facile !
L’armée ou la police fait en sorte que personne ne résiste. Ce que je voulais montrer dans ce film, c’est que quand les agriculteurs du Paraguay, par exemple, résistent contre l’éviction de leurs terres par les militaires ou quand leur situation financière est si précaire qu’ils ne peuvent plus survivre financièrement, quand ils restent là et refusent de bouger, l’armée ou la police, souvent liées à ces grandes entreprises qui veulent la terre, les tuent.
Nous avons aussi l’exemple des émeutes liées à la nourriture à Haïti, où des gens se sont fait tués pour avoir manifesté contre la hausse du prix du riz. Non, résister n’est pas facile et vous êtes littéralement face à la vie et la mort.
Vous avez aussi montré comment certains agriculteurs africains refusent de prendre les graines provenant de ces grandes multinationales et gardent leurs méthodes traditionnelles. Au premier abord, ces graines peuvent apparaitre comme la solution miracle pour tous les problèmes mais une fois que vous commencez à les utiliser, il n’y a plus moyen d’en sortir.
Certains les appellent les graines « terminator » parce qu’elles ne sont bonnes que pour une saison. J’ai même entendu dire que des graines OGM » terminator » ont été données à Haïti après le tremblement de terre mais les haïtiens les ont brulées. Ils ont dit: « Qu’est-ce que nous allons faire si elles ne sont bonnes que pour une saison alors que des graines normales durent plusieurs années? »
Vous devez aussi comprendre comment les différentes communautés sont prises pour cible. Ce sont des communautés analphabètes qui croient naïvement et de bon cœur en ce que disent les gens. Si une entreprise arrive et leur dit que les graines leur donneront une plus grosse récolte, ils acceptent sans penser au fait que ces entreprises veulent seulement gagner de l’argent.
Mis à part tous ces défis, vous vous montrez plutôt optimiste à la fin du documentaire. Comment peut-on changer les choses ?
Vous pouvez montrer votre engagement de différentes façons aux Etats-Unis, cela dépend de ce qui se passe dans votre communauté et de ce que vos compétences et temps libre vous permettent de faire. La nourriture est liée à tout, il est donc difficile de dire d’acheter seulement de la nourriture bio, ou issue d’une coopérative, ce que je trouve être une très bonne chose ; mais que tout le monde ne peut pas se permettre. Nous devons trouver des moyens de rendre plus accessible l’alimentation saine. Prenons l’exemple des Epiceries du Peuple (People’s Grocery). Ils font des cageots de nourriture bio et saine. Pour les familles à faible revenus de West Oakland, ces cageots coutent 12$, et pour les personnes possédant plus de revenus, 24$. C’est un très bon exemple.
Mais en règle générale l’organisation et l’adhésion à un syndicat sont aussi de bonnes choses. En Arizona, nous nous organisons avec des immigrés et ça touche toujours la nourriture parce que certains de ces immigrés sont ici parce qu’ils étaient agriculteurs et se sont fait chasser de leur terre. Je pense qu’au final l’outil le plus puissant est l’organisation au niveau local.
En parlant d’argent, vous avez dit plus tôt que ce documentaire vous a beaucoup couté.
Je suis endettée mais je suis aussi privilégiée. Ça en valait la peine et je ne le regrette pas.
Translated in French by Emily Hocking












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